Focus

Hard boiled, métaphores et comparaisons chez Philip Kerr

À la lecture d’un roman, certains éléments attirent parfois l’attention. Dans L’Eté de cristal de Philip Kerr, premier tome de la Trilogie berlinoise, c’est l’accumulation de comparaisons et métaphores qui fait tilt. Certaines bien trouvées, d’autres à côté de la plaque. Le procédé, très utilisé dans le genre, l’est ici en légère surdose. Alors, jouons à (presque toutes) les relever.
D’abord, voici un Top 5 du meilleur ou du pire, c’est à voir !

“Elle avait la voix mielleuse comme un crêpe Kaiser”.
“Je lui demandai un whisky. Elle me servit une dose suffisante pour faire tremper un dentier.”
“Le coeur battant comme une fourchette qui monte des blancs d’oeufs dans un bol.”
“Quant à son sourire, c’était un mélange de pré-maya et de gothique tardif.”
“L’appartement était de la taille d’un modeste aéroport, et à peine plus luxueux qu’un décor de Cecil B. de Mille…”

Hard boiled, métaphores et comparaisons chez Philip Kerr

En voici d’autres… à vous de faire votre Top. Bien sûr ceci n’est qu’une question de figure de style, qui laisse de côté les autres aspects de ce roman, comme le plaisir à suivre la première enquête de Bernie Gunther dans le Berlin de 1936.

“La coiffe au pli impeccable comme une douve cernant un donjon médiéval…”
“Un lustre plus grand qu’une cloche de cathédrale et plus clinquant qu’une boucle d’oreilles de stripteaseuse”.
“Le maître d’hôtel fit une apparition feutrée, glissant dans la pièce comme une roue en caoutchouc sur un parquet ciré”.
“La chair de ses pieds faisait un bourrelet à la limite de ses chaussures noires vernies, comme le pouce d’un boucher débordant d’un dé à coudre”.
“Toutes les expressions de l’incertitude défilèrent sur son visage comme un film muet.”
“L’énorme moustache brune qui adhérait à sa lèvre, comme une chauve-souris à la voûte d’une crypte”.
“Ses mamelons bruns ressemblaient à des casques de soldat anglais”.
“Elle me gratifia d’un sourire aussi mince et aussi peu fiable que le caoutchouc d’une capote usagée.”
“Le corps était recroquevillé sur le monte-plats, tel un casse-cou s’apprêtant à franchir les chutes du Niagara dans un tonneau de bière”.
“Ses yeux tremblotèrent comme une tasse dans une soucoupe de wagon restaurant”.
“Un cou décharné qui dépassait de sa chemise comme la tête d’une tortue hors d’une carapace de location”.
“Cette fille était bâtie comme une cheminée rococo”…

Emeric Cloche et Caroline de Benedetti