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Lovecraft Country, Holy Ghost, épisode 3

Raconter l’histoire d’un groupe de personnages noirs à cette époque, à l’aube du mouvement pour les droits civiques, c’est déjà aborder le registre de l’horreur. C’est raconter le combat d’une minorité pour sa survie et la sauvegarde de sa culture dans un monde hostile. Lovecraft Country prend au pied de la lettre cette situation terrifiante, en utilisant les genres de la science-fiction, du fantastique et de l’horreur, pour la pimenter et la rendre plus accessible à un large public.
Extrait de l’interview dans Télérama de Jonathan Majors, acteur jouant le rôle d’Atticus Black dans la série.

Lovecraft Country, Holy Ghost, épisode 3

Dans le 3e épisode de Lovecraft Country Leti achète une maison dans un quartier Blanc. Dans une société raciste, les réactions à l’emménagement des Noirs américains sont hostiles. Le voisinage fait savoir à Leti et les siens qu’ils ne sont pas les bienvenus. L’horreur fantastique se marie avec la ségrégation et la lutte pour les droits civiques.

Lovecraft Country confirme ici sa tendance à raconter une histoire par épisode. Après les monstres dans Sundown, la secte dans Withey’s on the Moon, avec Holy Ghost nous plongeons dans une maison hantée. Les ingrédients classiques des récits de terreur s’agglomèrent autour des personnages, qui semblent quelque peu maudits. Car par-delà ces aventures, les amatrices et les amateurs de fantastique peuvent entrevoir les lignes d’une terrible histoire de fond.

L’esthétique toujours aussi léchée oscille entre l’épouvante, la terreur et l’horreur, elle flirte parfois avec le grotesque. Ces différents effets se combinent en un peu moins d’une heure tout en continuant de dresser le portrait de chacun des héros. Cette structure évoque parfois les premières saisons d’American Horror Story.

La série n’étire pas ses histoires, au contraire, le rythme pourra sembler trop dense et les ellipses déboussoler un peu. La profondeur des personnages et des situations ne s’étale pas, elle se perçoit. Mais à raison d’un épisode par semaine, vous avez le temps de repenser à ce que vous venez de voir, en attendant la suite.

Emeric Cloche