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À couteaux tirés de Rian Johnson

À couteaux tirés de Rian Johnson

Harlan Thrombey, riche et célèbre écrivain de roman policier, se suicide à l’âge de 85 ans, le jour de son anniversaire. Toute la famille est réunie, y compris la bonne et l’infirmière que s’occupait de lui. L’héritage plus que conséquent est bien sûr en ligne de mire. La police enquête avec l’aide de Benoit Blanc, le célèbre détective. Quelqu’un a fait appel à lui…

Pour son whodunit Rian Johnson (Une arnaque presque parfaite, Star Wars VIII…) s’entoure d’une brochette d’actrices (Jamie Lee Curtis, Ana de Armas, Toni Colette…) et d’acteurs (Daniel Craig, Chris Evans, Michael Shannon, Don Johnson, Lakeith Stanfield…) imparables. Si la réalisation est assez convenue, les références et clins d’œil au genre sont nombreux tout au long du film. Les archétypes posent un univers familier : grande maison, affaire d’héritage, passage secret, radiographie d’une famille bourgeoise, découverte du cadavre, rebondissements, détricotage final et personnage détective privé hors normes. De fins décalages perturbent la trame habituelle et créent la surprise chez le spectateur. Ainsi, le meurtre est résolu à la moitié du film.

A couteaux tirés a aussi l’avantage de montrer que le genre parfois décrié du whodunit, souvent appellé roman d’enquête ou roman jeu en France, n’est pas uniquement un jeu intellectuel dans lequel on cherche qui à tué ? Il se dessine au second plan et de manière plus ou moins fouillée une fresque psychologique et sociale d’un certain monde (ici celui des riches). Des thématiques (l’héritage et ses conséquences, l’Amérique raciste) émergent. Agatha Christie par exemple peut se lire sous l’angle des rôles que la société assigne aux hommes et aux femmes, on découvrira chez elle une étude de la bourgeoisie et de l’aristocratie anglaise.

Le whodunit est devenu trop rares au cinéma pour ne pas courir en salle voir À couteaux tirés toute affaire cessante. Les amateurs du genre seront comblés, les autres pourraient bien découvrir un univers plus vaste qu’ils ne le pensent. Et puis, on rit ! N’hésitez pas après cela à re(voir) les adaptations d’Agatha Christie par Pascal Thomas.

Emeric Cloche