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Infestation de Ezekiel Boone

Après l’éclosion fulgurante d’une masse noire vorace, les araignées sont toutes mortes d’un coup et leurs petits corps inoffensifs à huit pattes jonchent le sol. Mais partout dans le monde, la découverte d’énormes sacs d’œufs annonce que le pire reste encore à venir. A la Maison Blanche, la Présidente Stéphanie Pilgrim, aidée de ses conseillers, tente de confiner l’infestation à la quarantaine de Los-Angeles pour éviter d’avoir recours à l’arme nucléaire. De son côté, la Professeur Mélanie Guyer est le dernier espoir d’une Humanité mal en point : ses connaissances sur les arachnides doivent permettre de trouver un moyen pour stopper cette arachnocalypse. En brûlant les œufs, l’agent Mike Rich du FBI tente de sauver Minneapolis et de préserver sa famille du chaos, tandis que Aonghas et sa fiancée Thuy coulent enfin des jours paisibles réfugiés sur une île isolée en Écosse.

Publié en avril dernier, le premier tome de la trilogie nous avait laissé sur un suspense insoutenable. Avec un humour noir, Alexi Zentner alias Ezekiel Boone nous embarque à nouveau dans cette apocalypse planétaire à huit pattes. On retrouve ainsi avec plaisir les multiples intrigues et protagonistes de cette histoire chorale. L’horreur de la vague affamée d’Éclosion a laissé place à la course contre la montre d’Infestation : il faut trouver et brûler tous les œufs ou à défaut, fuir sans demander son reste. Mais le retour des araignées s’annonce inévitable et d’un niveau supérieur de monstruosité. De Paris au Japon en passant par Rio de Janeiro et Oslo, chacun se voit contraint de faire un choix.

Le roman développe ainsi les différentes décisions que l’être humain est amené à prendre face à l’adversité : fuir, se cacher, prétendre, tirer profit, se battre etc. Alors que toutes les civilisations du globe tombent plus ou moins en ruine, chaque individu se retrouve face à soi-même, à ses responsabilités et finalement à son destin. L’auteur américain se concentre ici habilement sur la psychologie de ses personnages, plutôt que sur l’avancée même de la narration et nous abandonne une fois encore à l’aube d’un tournant majeur. On attend avec impatience qu’il réponde à nos interrogations dans le troisième et dernier tome qui clôturera la série. Alors après Éclosion et Infestation, quelle sera l’issue finale de ce cauchemar arachnéen ?

Ezekiel Boone, Infestation, Actes Sud, 2018, traduit de l’anglais par Jérôme Orsoni, 22,50 €, 384 p.