Les lectures

Serii de Takehito Moriizumi

Atelier Atakombo est une maison d’édition spécialisée dans la fiction japonaise (voir notre interview dans L’Indic n°33). Avec Serii de Takehito Moriizumi elle arrive avec brio dans le manga et vous emmène dans un manoir rempli de livres.

Serii de Takehito Moriizumi

“Je n’avais pas envie de dessiner les traits des personnages, je voulais un dessin proche d’un poème. Pour raconter une histoire mélancolique, il m’était désagréable d’être dans l’obligation de créer des visages tristes.”

La technique de dessin de Takehito Moriizumi est particulière, il applique l’eau avant l’encre… son style est dépouillé et laisse beaucoup de place à l’imagination du lecteur. Dans Serii, une fin du monde a eu lieu. Un homme et une androïde se lisent des histoires dans une grande maison, ils ne manquent de rien. Ils ont les livres et le temps de lire ou relire.

Ce manga est en partie un hymne aux livres qui nous ont touchés et qui nous accompagnent tout au long de notre vie. C’est une déclaration d’amour à l’objet et à son contenu en même temps qu’une réflexion sur l’humanité et sa mémoire. La nostalgie et la poésie règnent en maître sur cette histoire de reclus. Une fois le manga refermé les émotions ressenties vous suivront, il restera un bout de Serii quelque part en vous.

Serii est suivi de quatre courtes histoires, dont plusieurs sont autobiographiques. Le trait de Takehito Moriizumi correspond parfaitement à la mélancolie du propos.

Emeric Cloche

Takehito Moriizumi, Serii, traduit du japonais par Dominique et Frank Sylvain, éditions Atelier Akatombo, 189 pages, 13 Euros.