Les lectures

Lapiaz de Maryse Vuillermot

C’est l’histoire d’une rencontre entre deux générations, et d’un face à face entre ceux de la ville et ceux de la montagne. C’est l’été 1977, sans électricité ni téléphone portable. Le Haut Jura offre un cadre magnifique à l’exacerbation des relations entre voisins.

« Ils sont arrivés un jour en 2CV camionnette bleue ». Ils s’appellent Tony et Isabelle. Des hippies, comme dans un roman d’ADG. Ils fantasment un retour à la vie « d’avant ». Le père Satin, lui, il trouve que le progrès c’est pas si mal. Quand on vit dans des montagnes, soumis aux éléments, les priorités ne sont pas les mêmes. 1977, est-ce si différent de nos années 2020 ? Le monde rural regarde ces hippies comme certains aujourd’hui parlent des « écolos ». Mais le père Satin et sa femme, dans leur petite maison où tout va à l’essentiel, ça leur plaît bien cette jeunesse près de chez eux.

« Alors, voir arriver des jeunes, de si loin, pour s’installer ici, ça nous a fait un choc, ça nous a donné à réfléchir. Le soir, on en a parlé à table. Bernard, il est tout de suite monté sur ses grands chevaux, il a failli s’étrangler avec son morceau de pain. »

Dans Lapiaz, la tension monte vers le drame. Doucement. Au rythme des saisons, et de la voix du narrateur. Les petits évènements forment le cours de vies ordinaires. Le fils Satin travaille aux champs. Il faut prévoir le bois pour l’hiver. Les femmes font connaissance. Les souvenirs de la guerre remontent. Une petite communauté se forme jusqu’à se percuter. Le lecteur est sonné. Seul l’environnement reste imperturbable.

Maryse Vuillermet sera à Nantes le 4 mars prochain pour la saison 3 de Polar & Territoire organisé par la librairie Géothèque et Fondu Au Noir.

Caroline de Benedetti

Maryse Vuillermet, Lapiaz, Rouergue/Noir, 2025, 288 p., 21,50 €