C’est le retour de Eva Rojas pour une enquête déjantée dans Barcelone. Nous l’avions découverte avec Je suis leur silence. Ce deuxième opus, Je suis un ange perdu, confirme la réussite de ce personnage de psychiatre.
Eva, toujours aussi mince et tabagique, se retrouve sur un chantier à côté d’un cadavre la tête plongée dans le béton. Elle appelle à la rescousse le flic Garcia, mais doit expliquer comment elle s’est mise dans cette situation. L’autrice reprend la trame du tome précédent : flashbacks, thématique familiale. Le récit se fait depuis le cabinet du psy d’Eva encadrée par Garcia et « Merkel ».
Cette histoire nous en apprend un peu plus sur Eva et les femmes de la famille Rojas, notamment sa mère. L’enquête porte sur un jeune patient disparu. Dans une Barcelone nocturne, Eva interroge les prostituées. Des néo-nazis bas du front croisent les intérêts du football et de l’immobilier. Le sel de cette série tient au ton et à la personnalité de la jeune femme. Forcément, une psy accompagnée de voix dans sa tête, voilà de quoi interpeller. Fragile et forte, Eva nous promène dans l’Espagne d’hier et d’aujourd’hui. Au scénario et au dessin, Jordi Lafebre met de l’humour dans du poétique noir, et on aime ça.
Caroline de Benedetti
Jordi Lafebre, Je suis un ange perdu, Dargaud, 202,5 112 p., 21,50 €

