L’auteur japonais est mort le 23 juillet 2026 à l’âge de 68 ans. Il laisse ses romans policiers, une série avec le physicien Yukawa (fabuleux Le dévouement du suspect X), l’autre avec le policier Kaga Kyōichirō, et des romans plus inclassables. Son dernier roman paru chez Actes Sud début 2026 est Le gardien du camphrier. Il en reste, pour notre plus grand plaisir, d’autres à traduire.
Dans la série avec Kaga, Le nouveau est un roman à la construction originale. Les chapitres racontent chacun un personnage, une famille, et une boutique. Le lieu compte beaucoup. Tout se passe dans le quartier de Kodenmacho, et le commissariat de Nihonbahi où vient d’arriver Kaga « un nouveau dans le quartier ». Il ne ressemble pas un policier, vêtu d’un jean et d’un tshirt sous sa chemise. Les protagonistes le décrivent comme un homme discret et séduisant. Très humain, il discute avec tout le monde, apporte des pâtisseries et remarque les détails anodins mais révélateurs des problèmes et des secrets. Sa philosophe tient en une phrase : « Mais le travail d’un enquêteur ne se limite pas à cela. Pour nous, les personnes affligées par un crime sont aussi des victimes. Et notre rôle est aussi de les aider. »
Que s’est-il passé à Kodenmacho ? Une femme seule et divorcée a été étranglée dans son appartement. Sa vie est passée au crible par l’enquête. Kaga se penche sur les détails, les objets, la nourriture, les vêtements, la météo. Les détails et la logique tiennent une grande place dans les polars de Keigo Higashino. Le spectaculaire n’a pas sa place. Les choix de vie, les affaires de famille et de couple sont bien plus importants. C’est sans doute ce qui fait la saveur de ses romans. Avec leur grande sensibilité, qui lui valent un lectorat fidèle.
Caroline de Benedetti
Keigo Higashino, Le nouveau, Actes Noirs, 2021, traduit du japonais par Sophie Refle, 22 €

