Dortmunder est un héros incontournable du roman policier, publié en France d’abord à la Série Noire (Pierre qui brûle, 1971) puis chez Rivages/Noir. Ses aventures ont été adaptées au cinéma et continuent de l’être en bande-dessinée. Ainsi, cet inoubliable cambrioleur créé par Donald Westlake vit toujours.
Le dessinateur espagnol Alonso Iglesias s’empare de l’univers de Dortmunder. Plongée immédiate dans un New York aux tons sepia. Bank shot se déroule en 1972. Vieilles bagnoles et fringues à l’avenant. Le trait dynamique, d’un noir épais, le découpage des cases et certaines scènes pleine page, nous catapultent dans un film noir. Le point de départ est digne de Dortmunder : voler une banque, littéralement. Emporter la banque. Comment ? Il faut lire cette histoire pour le découvrir.
Doug Headline au scénario fait la part belle au texte et à l’écriture fine et drôle de Westlake. À mesure que l’histoire avance, de la préparation du coup, au vol en lui-même puis à la traque, le ton se fait sombre, drôle ou burlesque. Si la série repose sur le nom de Dortmunder, celui-ci ne serait rien sans ses acolytes. Son ami Kelp surtout, et May, la caissière de supermarché qui partage sa vie. Un cambriolage, ça se fait à plusieurs. Pour le meilleur et pour le pire.
« Il n’avait jamais eu de chance, ni de vraie malchance, non plus. » Le lecteur le sait dès le début, une histoire de Dortmunder est l’histoire d’un échec. Comme une morale pour ne pas totalement glorifier ces sympathiques cambrioleurs. Qu’on espère retrouver pour une autre aventure rocambolesque.
Caroline de Benedetti
Westlake, Alonso Iglesias, Headline, Dortmunder Bank Shot, Dupuis, 2026, 128 p., 21 €

