Les lectures

De bonne foi de Marguerite Boutrolle

Couverture de la bande dessinée "De bonne foi" de Marguerite Boutrolle, éditions Dargaud.

Octobre 1979, Judith Chevalier profite des vacances de la Toussaint pour aller réviser ses examens de droit dans la maison familiale en Bretagne. Elle est seule, en bord de mer. Un braquage vient d’avoir lieu et trois hommes sont en fuite. La nuit venue, des bruits étranges retentissent dans la maison.

Marguerite Boutrolle signe le dessin, le scénario et la couleur. L’autrice fait revivre une époque grâce à son sens des détails, comme ce fil de téléphone que l’on entortillait autour de nos doigts pendant que nous téléphonions, ou encore cette chanson de Michel Fugain qui reviendra immédiatement en tête à celles et ceux qui ont connu le début des années 80. Il y a aussi la télévision, la politique, le remembrement en Bretagne, la peine de mort et le débat mis sur la table par Robert Badinter. Le graphisme évoque le cinéma dans les angles de vue. La psychologie des personnages est brossée en quelques traits, une expression de visage, un mouvement. Il se dégage à la fois une impression de réalisme et d’onirisme dans les dessins. Tout en finesse.

À la fois bande dessinée sur les souvenirs de jeunesse, la lutte des classes et la culpabilité, De bonne foi est un polar noir avec une économie de couleurs, un moment de vie. Une belle réussite qui laisse un goût de sel et de vent.

Emeric Cloche

Marguerite Boutrolle, De bonne foi, Dargaud, 2026, 240 p., 26 Euros.