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Un seul œil de Michèle Pedinielli

Un seul oeil de Michèle Pedinielli

À l’ère des best-sellers, lit-on beaucoup les auteurs dans la durée, en les suivant de roman en roman ? Quand il s’agit d’un polar porté par un personnage récurrent, il est d’autant plus intéressant de le faire. Un seul œil de Michèle Pedinielli, la 5e enquête menée par Diou, sonne comme sa meilleure.

La cinquantenaire côtoie la mort depuis celle de ses parents et vit dans leur appartement. Elle se dit souvent qu’elle devrait quitter Nice, son architecture massacrée, sa corruption et ses dirigeants en-dessous de tout. Mais elle reste, tenace, car Nice n’est pas que ça.

Dans une enquête en Corse, l’autrice suivait déjà la voie de la famille, ce qui chargeait l’histoire en émotion. Non que les autres romans en soient dépourvus. Mais il y a un petit quelque chose… Sans doute parce que Diou aime avec presque autant de passion les chiens, son énorme frigo américain, sa famille et ses amis. Donc, quand son colocataire Dan tombe dans le coma, puis que son ex vit un drame, Diou souffre aussi, et cherche des réponses. Pour ça elle peut compter sur le reste de sa communauté de proches. Jusqu’à Parme et un certain Soneri…

Chaque roman de Michèle Pedinielli montre l’humain confronté à l’injustice et la violence. L’autrice rappelle inlassablement les méfaits du pouvoir, pas comme des mots en l’air mais comme des cadavres qui tombent. « C’est bien foutu le capitalisme, quand même. Ça salit et ça tue tout ce que ça touche et même au-delà. Et ça se drape dans les lambeaux arrachés vifs à ce que l’on appelait avant la beauté. » Rien n’est frontal, si Diou dénonce il est avant tout question de l’art, de l’amour et de la jalousie.

Les enquêtes de Diou, c’est tomber sur des références à Xena la guerrière comme à Joy Division. C’est de la dérision, des confessions, c’est pénétrer le cœur d’humains qui réchauffent le nôtre.

Caroline de Benedetti

Michèle Pedinielli, Un seul œil, L’Aube Noire, 2025, 18,90 €, 288 p.