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Noir diadème de Gilles Sebhan

Noir diadème de Gilles Sebhan polar français polar 2021

Depuis Cirque Mort, les lecteurs suivent la lente chute du flic Dapper dans un monde de noirceur. Noir Diadème de Gilles Sebhan prolonge ce qui avait commencé comme une trilogie sur l’enfance et les normes.

Sur fond de trame policière, l’écriture de Gilles Sebhan explore la mort, le vieillissement et la violence. La lumière se fait rare entre ses lignes, les relations humaines y sont graves et compliquées. Les adultes ne semblent pas plus à même que les enfants de trouver une parcelle de bonheur.

“Nous pleurons dans le noir. Nous faisons semblant d’attendre ce qui ne viendra pas.”

Depuis que Dapper cherche à sauver son fils, et avec lui les enfants du centre spécialisé où tout a commencé, il s’est dépouillé de nombreuses apparences. Son mariage a montré ses failles. Son histoire de famille révèle ses secrets. La rationnalité n’est plus une certitude. Le voilà “un homme qui se sentait désormais fait de cendres.”

Dans ce 4e opus, Dapper part sur les traces d’un tueur qui a volé le coeur d’un enfant. Cet élément typique du polar pourrait être traité sous l’angle du thriller sanglant, ou à renfort d’experts scientifiques. Gilles Sebhan le fait à sa façon, en parlant du mal sans y mettre aucune majuscule sensationnelle. La mise à nu est sensible, intime, elle relie les êtres au lieu de les diviser et d’établir des catégories. Le grand méchant existe, mais jamais il ne se trouve au coeur du roman.

Le champ de bataille de l’enfance se prête à l’imaginaire de l’auteur, qui y déploie les tourments des corps et des esprits. Coeur arraché, émotions à vif. On retrouve quelques personnages du précédent roman. Lipsky éborgné, Marlène enceinte. Quand tout s’achève force est de constater que “Des enfants enterraient des enfants”. Le coeur serré, on quitte Dapper et son royaume.

Retrouvez aussi La folie Tristan et Feu le royaume.

Caroline de Benedetti

Gilles Sebhan, Noir diadème, Rouergue Noir, 2020, 18 euros, 192 p.