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Un homme raisonnable de Hélène Couturier

Un homme raisonnable de Hélène Couturier

Hélène Couturier peint un nouveau portrait d’homme, après son roman De femme en femme. Son homme raisonnable doute, aime et vieillit.

Hélène Couturier peint dans la vie, et sa littérature doit sans doute à la peinture. De femme en femme racontait l’histoire d’un homme qui aurait voulu être danseur, un homme séduisant mais trouble. Dans Un homme raisonnable, Orso est comptable mais surtout, il pleure le départ de son fils du domicile familial. Pour ne rien arranger, comme dans un vaudeville, il découvre l’existence d’un autre homme dans la vie de sa femme.

Bien des écrivains auraient suivi la voie du désespoir ou de la violence, Hélène Couturier choisit celle de la fascination. Car l’homme est beau, et Orso se retrouve séduit, obsédé par cet autre. Alors il rationalise, il enquête, il s’interroge. Voilà un excellent début de roman. Quant à madame… elle peint des faux. Mais attention, c’est une copiste, « un artisan, pas un artiste ».

« Montse ressemblait à Clotilde, c’était peut-être cette ressemblance qui l’avait poussée à centrer son travail artistique sur Sorolla. Montse peignait Clotilde. Elle se peignait. »

Tout en posant des questions sur l’amour de l’art et l’amour tout court, l’autrice nous promène dans ses références. Les origines Corse d’Orso, l’Espagne de la policière Blandine Blanco, le Cuba de Montse, le cinéma de Visconti… Tout est affaire de point de vue sous sa plume. Elle déjoue les clichés littéraires et humains, et nous invite à regarder autrement. Sans grand tapage, avec talent.

Caroline de Benedetti

Hélène Couturier, Un homme raisonnable, Rivages/Noir, 2026, 20 €, 224 p.