En 1888 le Chili annexe l’île de Pâques. Pour beaucoup, l’île évoque ces statues géantes et mystérieuses. Le scénariste Thomas Lavachery monte une autre facette dans Caballero bueno, en racontant l’enquête autour de l’assassinat d’un anglais.
Le grand-père de Thomas Lavachery, archéologue, a fait partie d’une expédition franco-belge qui séjourne sur l’île en 1934. Des photos d’époque figurent à la fin de l’album. L’auteur y puise l’inspiration pour raconter l’histoire de créatures bien vivantes : les habitants. La plus grande partie du territoire est à l’époque exploitée par une compagnie anglaise qui élève des moutons. Les Pascuans, eux, sont parqués sur les 6 % restants de l’île. Pour leur fiction, les auteurs imaginent le meurtre d’un membre de la compagnie, et l’arrivée d’un enquêteur missionné par le président chilien.
Valverde entre avec cette histoire dans la famille des enquêteurs mémorables. Avec son tempérament cultivé, malin et attachant, il semble être le seul à pouvoir tirer ce crime au clair . Le coupable désigné, un Pascuan déséquilibré, a tout du bouc émissaire. Alors, qui a tué ? À cheval, dans les dîners chics comme dans le baraquement des lépreux, Valverde observe. Parfois, il joue du violon, fume le cigare et apprécie le laudanum, mais son esprit reste lucide. Il démêle les rapports de force et les secrets. Ses déductions se font au rythme de la météo de l’île, soleil resplendissant et averse brutale. Une belle place est réservée aux personnages féminins.
Caballero bueno use avec intelligence des archétypes de l’enquête policière, et donne tout de suite envie de retrouver ce personnage de Valverde.
Caroline de Benedetti
Thomas Gilbert et Thomas Lavachery, Caballero bueno, 2025, Rue de Sèvres, 25 €, 176 p.

